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Métropolis, la métropole de 1837... Quelle sera votre révolution ? Romantique ou industrielle ?
 
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 La Mort de l'art, l'Art de la mort

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Octave de Roop
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MessageSujet: La Mort de l'art, l'Art de la mort   Ven 9 Jan - 2:14

Octave était enfoui dans un siège. Il s'imprègnait de toute l'ampleur de la vaste salle, et les yeux mi-clos se délectait de la solennité et de la froideur de l'architecture. Il se sentait apaisé par toute cette puissante roche bleutée qui l'entourait, ces colosses aux repos et ces pans de murs, droits et dépouillés, s'élevant à des altitudes divines. Il se sentait comme un empereur magnanime regardant une joute dans l'arène, en contrebas.

Ce soir-là, Octave avait donné rendez-vous à ses associés et alliés les plus proches dans la Grande Salle d'Opéra, une salle accolée au théâtre du Baronet Noir, dont les jeunes romantiques avaient déserté le style classique des plus purs. Depuis maintenant deux années, la salle d'opéra ne voyait plus se jouer aucune pièce, s'executer aucune musique, s'élever aucun chant. Octave le déplorait.

Sur la scène, des musiciens faisaient souffler à leurs instruments quelques notes d'un requiem de Mozart, qui vibraient dans la salle alors vide. Seul avec des statues de dieux grecs, Octave assistait aux répètitions.
On se sentait si protégé, une fois caché dans l'ombre d'un théâtre, berçé par les lumières vacillantes de la scène et perçé doucement par les petits cris secs des violons pleureurs des litanies classiques de Wolfgang Mozart ! Qu'on est bien ! Qu'on se sent puissant et intouchable ! Octave fut cependant troublé dans sa quiétude par un ouvreur qui vint le trouver :


- Monsieur De Roop... Pardonnez-moi de vous importuner, mais quelqu'un dit avoir rendez-vous avec vous. Dois-je le faire monter ?
- Comment se nomme-t-il ?
demanda Octave toujours absorbé par la musique.
- Karl Bergerstein. C'est un banquier qui dit venir de Vienne.
- Parfait ! Hâtez-vous, dites-lui de monter.


Quelques notes plus tard, un moustachu portant une grande veste bleue nuit monta au balcon et serra la main à Octave. Ce dernier à la fois avec la chaleur d'un hôte heureux de voir son invité, mais avec la légère grimace de l'assoupi qui reçoit quelqu'un venu du dehors froid. Il eut un frisson qui le réveilla quelque peu, puis désigna un siège à côté de lui.

- Herr Bergerstein. Je suis content de te voir, mon ami. As-tu fais bonne route ?
- Oh ! bien sûr. Métropolis est une cité naissante mais déjà très bien indiquée, et son chemin est connu de tous les cochers.
- Cela ira encore plus facilement quand les sols des environs seront jonchés de chemins de fer
, dit Octave dans un sourire.
Une chose encore, mon cher ami, parle-moi de Vienne. Que s'y passe-t-il ?
- Tu devrais voir ça ! A chaque fois que je m'y promène je la vois un peu plus changée. L'industrie y est florissante, la ville toute entière semble prendre un souveau souffle. Beaucoup de gens entreprennent, et m'empruntent de la l'argent. Les affaires marchent fort ! Les gens vivent de nouveau heureux. Frau Gürtler, cette voisine si agréable de tes parents, qui habitait près du Hofburg, est à l'hôpital depuis une semaine. Rien de grave, mais c'est une vieille personne, tu sais. Ah ! Les bords du Danube sont fleuris en cette saison, et une très belle lumière jaune pleut sur le sol, les soirs. J'ai été aussi, avant mon départ, mettre un bouquet des plus belles tulipes que j'aie trouvé sur la tombe de ta chère mère. Voilà.


Octave écoutait son compagnon avec délectation et mélancolie. Ce fut une des rares fois qu'il écoutait quelqu'un avec de si grands yeux. Il avait peu d'amis en ce bas-monde, et ne voulait surtout pas afficher en public ce qu'il considérait comme une faiblesse pour une personne de son statut, passer du temps avec un ami cher. Depuis qu'ils sont enfants, Karl et Octave sont amis. Certainement pas les meilleurs de monde, mais ces personnages s'apprécient grandement l'un et l'autre. Pour la première fois depuis qu'il avait quitté Vienne, Octave ressentait le besoin de parler à un ami plutôt qu'à un associé.
Il demeura silencieux encore quelques longues secondes, seul écoutant les chants cristallins des coeurs de femmes en contrebas, même s'il était désormais tourné vers le siège de Karl plutôt que vers la scène. Il parla encore plus doucement :


- Bien. Bien... Merci. A présent, je dois te parler de quelque chose avant que le beau monde arrive pour troubler cette quiétude inespérée. Je dois te dire que... Si j'ai choisi cette salle, et cette musique, c'est parce que je pense que mon heure de gloire arrive bientôt. A vrai dire, j'en suis même persuadé... Ce sera bientôt à moi d'entrer sur la scène, et j'ai comme un léger trac qui me prend au ventre. Je suis le capitaine d'industrie le plus puissant du territoire, de nombreuses personnes sont à ma merci et, jour et nuit, voient au-dessus d'elles trembler le fil d'une épée de Damoclès dont moi seul peut décider la chute ou la suspension...
Très récemment, pour tout te dire, j'ai même été nommé Premier Ministre à titre intérimaire par le nouveau gouvernement qui a renversé le tyran, et je suis en bonne voie pour le devenir à titre définitif. Réalises-tu que je serai bientôt le maître d'une terre immense, pleine de ressources et d'avenir, et que j'aurais bientôt le monopole sur toute l'industrie du rail ?


Octave parlait avec de plus en plus de conviction dans la voix, mais de moins en moins fort, comme pour ne pas être entendu par la salle vide. Karl leva les sourcils :

- Tu t'emballes un peu trop vite, Octave. Ta mère l'a toujours dit : ton ambition est telle qu'un jour elle te nuira.
- Balivernes ! La science avance, le monde change et repousse, sans cesse et sans fin, ses limites d'hier. Me blâmerait-on de voir l'infini trop grand ?
- Mais tout cela n'est pas infini, Octave... Et cette soi-disant "révolution industrielle" n'est que le fait de quelques techniques...
- Karl, je crois que je pourrais mener le Projet à bout !
- Ne parle pas de ça !
le coupa Karl, apeuré. A son tour, il baissa la voix et jeta un oeil alentours pour voir si on ne les espionnait pas. Il s'approcha encore plus près d'Octave et lui glissa avec insistance :

- Octave, incorrigible bougre ! Tu m'avais promis de ne plus penser à cette chose folle ! C'est complètement insensé, et tu le sais très bien.
- Mais Karl ! Karl ! Je peux y arriver ! Je t'assure que ce n'est plus qu'une question de mois avant de lançer...
- Tu ne peux pas y penser...
- La machine ! J'ai les plans les plus détaillés qu'on puisse avoir, et les ingénieurs les mieux qualifiés pour...
- Oublie cela...
- Mener ce projet à bien...
- TAIS-TOI !


Octave cessa net son envolée lyrique à voix basse et regarda, décontenançé, son ami qui tremblait et lui jetait un regard mêlé de colère et de peur. Karl prit un longue et profonde inspiration.

- Tu me l'avais juré sur ta défunte mère...! Octavius !

Les fois où Karl appellait Octave par sa prénom de jeunesse se comptaient sur les doigts d'une main. Le moment était grave pour De Roop. Il ignorait complètement la musique et les statues, désormais. Il aurait voulu détourner le regard ailleurs, mais il ne put pas. Karl secoua la tête en sermonant avec douleur :

- Tu es malade, Octave. Et je crois que je suis le seul à le savoir, car même toi tu sembles vouloir l'ignorer. Octave, tu es malade ! Vois la réalité en face ! Je sais que tu n'aimes pas en parler, et c'est dur pour moi également... Mais reconnais que ton "projet" est l'infâme créature qu'a engendré la dégénérescence de ton mal. Tu va, aussi vite et brûlant que tes locomotives, vers un prétendu triomphe qui n'est qu'une gloire déguisée ! Tu cours à la perte ! Et Dieu sait si elle sera douloureuse pour moi.
Ne vois en cette victoire de l'industrie qu'une défaite du monde tel qu'il était. Je n'ai plus peur de te le dire, compte tenu de ta proche "victoire" : tu dois arrêter le Projet une bonne fois pour toutes. Je t'en prie.


Octave regardait le plancher, le regard perdu entre les lattes. Il était sonné, aterré, décomposé, meurtri jusqu'au plus profond de sa chair. Sans lever le regard, il déclara faiblement :

- Je crois... Je crois entendre les convives. Faisons semblant de ne rien avoir dit, d'accord ? Ne gâchons pas la soirée.
- Bien sûr. Nous n'avons rien dit. Mais en ce cas repense à ce que je ne t'ai pas dit. Repenses-y bien, Octavius.


Karl se leva et quitta la loge du balcon pour aller saluer les financiers et hauts personnage conviés qui attendaient dans le hall.
Octave resta immobile un instant, puis n'entendit plus de musique. Il frappa violemment l'accoudoir où Karl avait son bras.
Il éclata en sanglots.

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MessageSujet: Re: La Mort de l'art, l'Art de la mort   Jeu 15 Jan - 0:39

Plusieurs heures plus tard...
La salle éclata en applaudissements. C'était maintenant l'entracte, et entre deux bons mots et quelques remarques sur la représentation, on se demandait où était Octave. Sans trop s'en inquiéter tout de même.

Au bout du couloir principal de l'étage, une ombre appuyée sur un mur se tenait la tête entre les mains en respirant bruyemment.
Sa réflexion était tout aussi poussive et saccadée que son souffle.


- Il a fallu que ce soit lui, mais je ne me laisserai pas dicter mes devoirs comme un prisonnier. Encore moins comme un condamné à mort. Je ne suis pas condamné ! J'étais en train de les sauver... Pourquoi ne veulent-t-il pas comprendre ? Pourquoi n'ai-je pas plus de soutiens ? Pourquoi n'a-t-on pas foi en moi ?

Une autre ombre, plus mençante encore, tonna :

- Tu n'échoueras pas.
- Eh ! Qui me parle ?
- Tout est avec toi. Tu ne peux pas échouer dans ta mission.
- Qui est-ce ?
- Sois témoin de ce qui est en train de se jouer autours de toi. Le monde avance, et ne peut que t'entraîner avec lui puisque tu en tiens les rênes. Tu as agi. Tu as renversé la situation de ton monde, car c'était ton droit. Tu es devenu à présent une Force qui doit accomplir le Dernier Acte. Tout va s'organiser. N'aies peur de rien. Le Dernier Acte va se clore en triomphe !
Le grand hasard a distribué les rôles, tu as le tiens, maintenant vainc ta peur et entre en scène !
- Je n'ose comprendre qui me parle.
- Et pourtant tu as déjà compris.
- Dans ce cas... Je suis, monsieur, votre éternel obligé.
- Peu importe. Tout cela n'aura plus d'importance où nous allons. Joue ce Dernier Acte, et tu me rejoindras. Nous seront tous sur un pied d'égalité une fois cette affaire définitivement finie.
- Bien...
- Pars ! N'oublie pas le Dernier Acte ! Le Dernier Acte, Octave de Roop !


Octave se redressa et s'écria frénétiquement, les yeux dans le vague :

- Je suis, monsieur, votre éternel obligé... Je suis votre serviteur, monsieur Rangh... Je...
- Monsieur de Roop, vous êtes là ?


La voix d'un rentier joufflu résonna dans le couloir. Octave jeta un oeil autours de lui, au sol, sur les murs : rien. Pas d'ombre. Plus d'ombre. Avait-il rêvé ?

- Monsieur de Roop, nous vous cherchions ! Les musiciens vont poursuivre. On joue la Messe en Ut, que vous appréciez tant.

Regagnant son balcon d'un pas mécanique, et déjà ennivré par la Messe qui débutait et lui gonflait le torse, Octave n'avait de cesse que de songer à l'ombre. La "belle" ombre, ou la "grande" ombre, l'Ombre majuscule, Octave lui donnait déjà des noms. Car il savait que c'est Lui qui avait parlé. Pas la divinité des Chrétiens ni celle de n'importe qui d'autre. Sa divinité. Son Dieu malfaisant venait de lui envoyer ses commandements. En marchant sur un pas cadançé, Octave acceptait silencieusement sa mission. Il exultait en pensant au Dernier Acte. Le Dernier Acte !

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MessageSujet: Re: La Mort de l'art, l'Art de la mort   Ven 16 Jan - 23:36

Les convives aux balcons savouraient déjà l'Ouverture. Octave passa la main sur sa veste et sur ses cheveux, prenant soin de son attitude afin de ne pas paraître quelqu'un qui aurait conversé avec une ombre du diable. Il retourna s'asseoir, l'âme encore ébranlée par la rencontre fortuite de cette entité lugubre, et essaya tout de même de chasser de ses pensées cette image noireâtre. En vain.
Octave avait volontairement prit de la distance avec Karl, assis deux balcons plus loin. Il s'efforça de porter son regard sur la scène et ses lumières, mais quoi qu'il put faire, son regard se détournait vers son cher ami. Du moins vers celui qu'il prenait pour son ami, jusqu'à ce que ce dernier osa se dresser contre lui. C'était bien là le mot : une rébellion, un crime de lèse-amitié, un attentat prémédité et sadique contre les tréfonds de son âme ! Octave en était toujours secoué. Un des cordons de sécurité le rattachant au vaisseau-Terre lâcha encore.
Octave était à peu de choses de songer au meurtre quand un financier à sa droite lui glissa :


- Nous avons cru que vous étiez déjà parti.
- Mais non : j'ai été simplement prendre un peu l'air, dans le couloir.
- Ah, fort bien.
- Et j'y étais en train de réfléchir un peu.
- Certes, certes.
- Dites-moi, vous étiez bien à la précédente réunion ? Je... Ai-je évoqué publiquement une sorte de projet immense ? M'a-t-on vu me lancer dans une envolée lyrique, faire une déclamation enflammée au sujet d'un quelconque grand dessein ? Vous avais-je mis, vous autres, dans la confidence d'une entreprise importante ?
- Mais... Non, je ne crois pas.
- Vous parliez de ce projet, monsieur ? Cet engin, cette sorte de grand marteau pour frapper les pièces les plus massives ?
- Eh bien... Oui, voilà ! Parfait, je n'ai plus à m'en faire. Vous êtes au courant, et vous savez ma foi bien assez sur ce projet. Me voilà rassuré. A présent écoutons maître Mozart en silence.
- Comme vous voudrez, sieur.


Octave était décidé à ne mettre personne au courant de son Projet, mais il craignait fort que ses puissantes déclamations impromptues (qu'il refusait de rattacher à une quelconque maladie), ne trahisse ses plans. Il le fallait à tout prix, pour assurer l'avenir de la firme, le maintien de son porte, et le triomphe du Dernier Acte. Sa Volonté sera faite !

- Je m'excuse de vous déranger...

Il sait. Ce damné financier doit certainement être au fait de l'affaire, aucun doute n'est possible, se dit Octave.

- Il me semble vous avoir entendu parler une seule fois...
- Et quoi ? Qu'ai-je dit, êtes-vous parfaitement sûr de vous en rappeller ?
- Je pense que oui, mais...
- Faites-vous confiance à votre mémoire ?
- Ma foi oui.
- Ne déforme-t-elle rien, ne délirez-vous jamais ? Etes-vous sain d'esprit ?


Une question qui sonnait étrangement dans la bouche d'Octave. L'homme d'affaires déconcerté, de répondre :

- Monsieur, je m'excuse, mais il me souvient que vous aviez évoqué un mot dont j'ignore l'existence, ainsi que quelques autres de nos collaborateurs...
- Ils y verront le sens qu'ils veulent.
- Mais pourtant il est bien singulier, nous n'y reconnaissons rien à l'intérieur. Puisque c'est un projet que nous devront mener ensemble, pourquoi ne pas nous éclairer sur cette notion ?
- Je suis sûr que cela n'est pas très important.
- Qu'est-ce qu'un... Un pantre ?


Octave sentait comme un poing invisible qui lui rentrait dans l'estomac. Comment Diable avait-il pu mentionner le mot le plus tabou de son vocabulaire ? Il devint subitement livide et suffoquant, et ces changements d'états, de plus en plus fréquents ce soir, commençaient à l'affaiblir conséquemment. C'est certain : il aura des comptes à rendre à l'Ombre...

- Dites donc à vos collaborateurs que ces choses-là vous dépassent. Faites ce que je vous ai dit de faire, et strictement cela.
- Est-ce donc si obscur que vous semblez regretter à ce point de l'avoir échappé ?
- Il y a bien des choses qu'il vous faut ignorer, monsieur.
- Des choses tragiques, monsieur ?
- Des choses interdites, monsieur. Je ne puis rien dire de plus, et vous prie de bien vouloir arrêter là cette discussion.
- Fort bien. Mais vous avez, sachez-le, piqué ma curiosité au plus haut point. Et je vous serai obligé si nous pouvions de nouveau parler...
- Je suis désolé d'avoir dérangé votre curiosité, et vous prie de bien vouloir oublier cela du mieux que vous pourrez. C'est un conseil que je vous donne, et sur lequel j'insiste.


Il pesait de plus en plus ses mots, son regard se faisait de plus en plus sombre et appuyé. Il ponctuait ses phrases d'un silence grave dans lesquels il soufflait comme un fantôme.

- Si vous voulez devenir un grand de ce monde, jeune squale, il vous faut vous résoudre à vous soumettre à vos guides. Une fois pour toutes, oubliez ce que vous avez entendu ce jour-là. L'heure n'est pas venue pour vous de penser à ce que pense, ni ne voir ce que je vois.
- C'est... C'est bien... Nous arrêterons ici, si vous insistez.


Octave s'adossa au fond de son fauteuil, en ne détachant pas son regard du financier inquiet. Il croisa la bras, eut un léger regard pour la pièce et lâcha soudainement :

- "Celui qui sait profiter du moment, c'est là l'homme avisé."
- Faust ?
- Qui vous voudrez, monsieur... Qui vous voudrez.

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