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 La nuit dans la bibliothèque

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Alexei Karivine
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Date d'inscription : 18/09/2008

MessageSujet: La nuit dans la bibliothèque   Lun 19 Jan - 1:59

Sur la fin de l'après-midi, souvent alors que la fraîcheur du soir commençait à descendre sur les quartiers déjà assoupis de Métropolis, des ombres glissaient dans les rues. Ils sont les invisiles du jour, des ombres passantes, des comédiens de l'illusion qui jouaient des scènes de nuit sur les hauts murs, pleins de l'orgueil de l'architecture impériale.

Et puis la pluie, pour seul décor, qui vient comme un sourire triste. L'acte de ce drame nocturne se fait un peu plus pesant, goutte à gouttelette c'est l'humanité qui reprend durant cette nuit une longue et profonde inspiration. La pluie, fine et délicate, rafraîchit les esprits échauffés, réchauffe la solitude des coeurs froids. Elle tape sur les vitres des petits commerces fermés des rythmes de chansons populaires. Sous elle, dans le calme des venelles, mille personnages pourtant s'animent, et continuent à jouer, insouciants et grimés de brumes, la scène de nuit, même quand le rideau de pluie a commençé à tomber. Un rideau prune, et confortable.

Aux alentours de l'imposante bibliothèque de la ville, quelques lettrés, et quelques directeurs s'en retournent dans leurs logis, sous les toits ou dans leurs villas. C'est l'heure de la fermeture. On presse vers la sortie les derniers étudiants zêlés et assoifés de connaissances, qui tiennent à peine sur leurs jambes grêles, encore engourdis par le flots des innombrables volumes qu'ils ont parcouru, visité dans les moindres recoins. Les dernières bougies sont soufflées, les collections mises sous clefs, et après un ultime tour de clef, le temple aux millions de tomes est clos jusqu'au lendemain. Un instant de silence, puis un cliquetit. Au fond de la salle, un panneau coulisse.

La nuit, il est d'étranges animaux. Alexei Karivine est à n'en pas douter un bien curieux spécimène de rôdeur nocturne, et il a pour occupation privilégiée de rendre visites aux âmes du passé, aux poètes disparus, aux scientifiques illustres. Depuis fort longtemps, presque chaque nuit, Alexei est amené à rendre une secrète visite à un de ses rares amis dans la ville : un archiviste mordu de la meilleure littérature, qui vit dans la bibliothèque comme au paradis des livres, les yeux rivés à longueur de journée sur les mots délicieux des siècles écoulés. Les points communs qui le relie à Karivine sont bien entendu l'amour de la littérature, de la liberté, de la nuit, des longues palabres à minuit passé et du thé chaud. Et si Alexei réchauffe chaque soir le coeur de son ami en lui rendant une quotidienne mais toujours surprenante visite, l'archiviste, lui, n'hésite jamais à aider Alexei à produire une pièce ou diffuser un texte : les amateurs de Lettres ont aussi, parfois, grande estime pour les anarchistes et leurs virulents articles.

Ce soir-là, un soir qui était semblable au précédent et qui sera semblable au suivant, le panneau du fond de la salle s'ouvrit une fois de plus pour l'archiviste. Théophile (c'était son nom), n'aimait être tiré de la lecture que par un seul bruit : précisément celui du coulissement de la porte secrète qu'allait emprunter Karivine, après quoi ce dernier lui lançerait à demi-voix, comme chaque soir pour ne pas déranger le silence des livres :


- Bonsoir à toi, Gardien du Temple des Lettres !

Le Temple des Lettres, c'est par cette dénomination que la nuit on appellait la bibliothèque. Théophile leva la tête et salua :

- Bonsoir, Alexei ! Allons nous asseoir, j'allais préparer un thé pour nous maintenir éveillés.
- Je ne me lasse pas de retrouver notre tablée, chaque nuit, aussi secrètement,
dit Alexei en se frottant les mains.

Il s'assit à la table qui était chaque soir spécialement confectionnée, couverte de livres, de journaux, de bougies et de tasses vides. Bien que la salle fut immense, tant en longueur qu'en hauteur, et dont les lignes fuyaient vers des sombres couloirs indescriptibles où craquaient les bois des étagères, la tablée avait quelque chose de rassurant. Ses faibles lueurs effaçaient l'inquiétude de la vaste antichambre des savoirs de tous âges. Théophile apporta le thé, Alexei entama :


- Il y a quelques jours que je ne suis pas venu ici. Comment va la vie ?
- Douce et calme. Ici, on ne ressent pas les bousculades politiques de l'extérieur, on est dans l'intemporel.
- Eh ! C'est juste. Cependant, as-tu eu vent de la victoire des libéraux ? J'ai ouï dire que De Roop a été catapulté Premier Ministre et qu'il tient les rênes de toutes vos chambres ! Les journaux en débordent.
- Oui... Les plus courageux journalistes vont même jusqu'à écrire que le Roitelet lui mange dans la main... Pour sûr ! Il n'a pas la poigne de son cousin Ier du nom, et De Roop doit l'infuencer dans ses choix. Au reste, j'aimerais bien savoir ce qu'ils sont, car nous n'avons pas eu de décrets depuis fort longtemps. Et si je n'appréciais guère la force de Ludwig Ier, je redoute d'autant plus les attitudes laxistes de Ludwig deuxième du nom... Crois-tu qu'il laissera l'industrie dévorer notre cité tout entière ? Le pays, même ?
- Allons ! Pense à autre chose. Tiens ! Je vois que tu as le manuscrit de l'ouvrage que j'entend publier.


Alexei saisit un livre à la couverture brune et or, l'ouvrit et tourna les pages tout en poursuivant :

- Pour l'heure, De Roop prend son élan avant d'effectuer le grand saut. Ce grand bond en avant qui, il l'espère, le mènera un peu plus vers les pleins pouvoirs. Nous auront bien le temps de le couper dans son élan, je connais un peu Octave, du moins je pense savoir comment il agira. C'est un calculateur, il prendra le temps d'orchestrer son saut, méticuleusement, mathématiquement. Un souffle d'humanité et de bon sens, et tout son château de billets de banque s'effondera. Fais-moi confiance ! Maintenant, écoute-moi lire. Je conte ici mon premier amour : la musique classique.

" Je regardais au mur mon ombre mimer un chef d'orchestre passionné. J'imaginais ces mains envoûtées, possédées, faisant corps avec la musique, qu'elles étaient la musique elle-même qui gambadait sous mes yeux. Je m'amusais comme personne, j'aimais tant jouer avec toute la candeur d'un enfant qui ignore, jouer avec cette musique si sacrée, si grandiose, si immense ! Dans mes mains d'enfant je serrai avec curiosité ses notes. Ses belles notes sérieuses me faisaient rire ! Elles me chatouillaient, me taquinaient les paumes, glissaient entre mes doigts, ruisselantes comme des gouttes de pluie, et je respirais, heureux, le soleil qu'elles me donnaient. La belle musique !

Ces délicate mélopées lyriques comme ces formidables éclats étaient toujours d'une profondeur sans égal, d'une solennité ou d'une gaité qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. Je voyais en lanterne magique ces bourdonnements cuivrés, ces rutilants ophicléides baillants et ces cordes miaulantes et fines dessiner un tableau de maître aux pigments chatoyants. Une note pour une couleur, une couleur pour une émotion : un morceau borssait une peinture.
Ces bombardons balourds ou ces pépiements de pipistrelles sont toujours des syphonies somptueuses. "


Même les flammes ne crépitaient plus. Théophile écoutait, fixant l'une d'elles, le récit de Karivine, et buvait avec ses paroles, un peu de thé. Tout cela réchauffait et son coeur.

- Je l'avais lu cette après-midi, Alexei, mais je ne l'avais pas lu comme ça. L'entendre de ta voix est réellement différent, n'en voudrais-tu pas faire une pièce ?
- Une pièce narrant la vie d'un ermite méconnu ? Ah ! La belle histoire...
- Tu racontes pourtant bien, et ta poésie a déjà ravi les lecteurs de Moscou.
- Moscou est bien loin ! Et c'est plus exactement les lecteurs de mon quartier que j'ai touché. L'entière capitale ne me connaît pas plus que ça. Je t'ai déjà fait part de mon affection pour la solitude et l'isolement...
- Une scène te conviendrait pourtant bien ! Le Théâtre du Baronet Noir affiche peu de représentations pour cette saison : je pourrais te trouver une salle pour y animer tes personnages !
- Je pense à ce dont nous parlions tout à l'heure : n'est-ce pas l'occasion de freiner la montée de notre Premier-Industriel ? Peut-on rêver de meilleures conditions pour entraver l'irrésistible ascension d'Octave de Roop ?
- Ecrire une comédie sur De Roop fut un temps amusant... Mais aujourd'hui c'est au Premier Ministre que tu t'opposerais !
- Je n'espère pas se faire rencontrer nos deux personnages, mais plutôt nos deux personnes. Je pense qu'il est temps. Il me faut le voir.
- Comment t'y prendras-tu ? Atteindre ses hauteurs serait de la folie pure ! Et le faire chuter n'est plus possible, alors comment...


Alexei se leva et désigna par la fenêtre la lune, pleine et claire.

- Serait-ce comme atteindre la lune ? Impossible ? Mon ami, je crois que bientôt, Octave descendra plus vite qu'il ne le pense. Il n'est pas un astre tout-puissant, nous sommes tous sur la Terre des égaux, c'est ce en quoi je crois. Si j'arrive à grimper quelques barreaux de l'échelle de la hiérarchie, j'arriverai peut-être à l'atteindre... Alors nous parlerons. Et ne te soucie pas de la pièce qui se jouera : ce ne sera pas une comédie, mais ce sera beau ! Tout s'achèvera en fanfare. C'est la fin d'un monde, et c'est la naissance d'un autre !

Théophile se leva à son tour et rejoignit Karivine devant la fenêtre :

- Ami, tu sembles tout à coup bien déterminé, et il me semble que tu revêts un peu vite l'habit du prophète... Comment prévoirais-tu si certainement une fin que je sentirais, pour ma part, tragique ?
- Ce qui va s'opérer, ami, s'appelle un coup de théâtre.


Après un tel regain d'enthousiasme et d'ambition chez les deux noctambules, même respirer les seuls arômes de la nuit devenaient aussi bon que le thé. Le thé était froid. La nuit aussi. Les coeurs, eux, chauffaient !
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Alexei Karivine
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MessageSujet: Re: La nuit dans la bibliothèque   Dim 25 Jan - 3:34

La nuit sa faisait plus épaisse. Karivine défiait du regard une généreuse portion de la lune quand Théophile revint des hauteurs des étagères avec un épais volume. Il posa l'ouvrage sur la table après avoir écarté quelque livres.

- Alexei ! Je dois te montrer quelque chose.

Une fois assis, les deux regardaient silencieusement la couverture dont les nombreuses entailles, écorchures, cornures, témoignaient de son ancienneté. Cela aurait pu être une carte tant les griffures du temps avaient creusé la couverture avec précision. Théophile laissa le silence se briser de lui même par le craquement que fit la première page en se tournant. Il expliqua :

- C'est une sorte de registre dans lesquelles sont consignées des informations qui remontent jusqu'à plusieurs siècles. Je n'ai jamais vraiment su, bien que je connaisse tous les livres qu'on aurait pu écrire ! Celui-là est vraiment très étrange... En le parcourant on a comme l'impression de se perdre dans un monde parallèle, peuplé de toutes les sortes de chimères auquelles on ne voudrait pas croire. Je te laisse juge de la chose ! Vois un peu ces gravures, ces illustrations aux couleurs improbables, on les croirait sorties d'un mauvais rêve ! Enfin ! Je te laisse lire.

Karivine se placa face au volume et se mit à lire à haute voix avec hésitation, avec toute la crainte qu'on peut avoir des mots inconnus, obscurs porteurs des plus obscurs messages...

- Voyons cela : " Société du Trépan. Elle fut fondée par un groupe des premiers représentants du Diable sur Terre dans le but de détruire les créations Divines et en outre l'espèce humaine. Ses membres sont liées avec le Maître des Enfers par un contrat éternel que nul ne peut rompre, et se doivent tous d'oeuvrer secrètement pour le chaos..." Eh bien ! Ce doit être quelque aliéné qui rédigea ces lignes ! Vraisemblablement un amateur de concision, de mysticisme et d'alcools douteux.
- Oui, je pensais bien que rigoureux comme je te connais, tu n'aurais cure des histoires de dieux et de diables. Mais sache bien que ce livre est un exemplaire unique que seuls les conservateurs les plus privilégiés peuvent approcher, et que monsieur De Roop pour ne citer que lui, aurait fait mention lors du discours de son élection au poste de ministre, entre deux éloges du Roitelet, de la gloire du "Pantre", ce qui a interloqué toute l'assistance pendue à ses lèvres. Ce "Pantre" n'est que le mot qu'emploient les membres de la société pour parler de leur mission. Vois ! C'est écrit plus bas.


Alexei fronça les sourcils et constata que l'article présentait aussi une définition du "Pantre", semblable à celle que lui avait donné Théophile.

- De Roop est un suppôt de Satan, est-ce bien là ce que tu veux signifier ?
- Je ne le dis pas, mais tout semble montrer qu'il a des affinités avec cette sombre société. De plus, preuve ultime ! Cette écriture est la sienne.
- Comment !
- Ce livre n'est pas sorti d'une imprimerie, et on y reconnait avec facilité la plume de chacun des écrivains, bien qu'il n'y figure aucune signature ou aucun nom. J'ai dans mes registres une copie de son écriture : il réserve souvent des ouvrages d'économie et j'ai pu vérifier si mes doutes étaient fondés. Cet ouvrage contient en vérité l'acte de naissance de la Société du Trépan et un compte-rendu détaillé de chacune de ses opérations et avançées. On y peut lire tous les grands massacres, les guerres et les éléments qui conduisent à la chute du monde. De Roop, ou du moins l'élu suggéré, figure en bonne place dans les pages les plus récentes, dans les dernières lignes qu'il a dû rédiger, aux côtés des inventions qui ont permis l'important essor de l'industrie en Europe.
- C'est absolument impossible ! Et pourtant cela ne m'étonne pas vraiment, va savoir pourquoi. Comme si je le savais depuis toujours, et même bien avant... Cela me parait, à la vue de ce qu'a réalisé, et de ce à quoi aspire cet inconscient, bien évident désormais.
- Cela t'auras aidé, j'espère.
- Cela m'aura conforté dans l'idée que j'avais de "monsieur le Premier Ministre". Si cela s'avère vrai, le renverser devient une priorité, et plus qu'un devoir pour nos concitoyens, un devoir pour le salut du monde.


Les deux philosophes nocturnes se regardaient avec gravité. Alexei voyait la réalité en face à présent : il pensait orchestrer son entrée en scène afin d'arriver à point, mais cela faisait une éternité que la pièce avait commençé... "Mieux vaut tard que jamais", se dit-il.
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