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 La fortune sourit aux véloces

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Octave de Roop
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MessageSujet: La fortune sourit aux véloces   Mer 25 Mar - 23:49

Un club fermé.
Les murs de la cave souaient de salpêtre. L'air était lourd. Des corbeaux envestonnés de noir se regardaient de leurs yeux pluvieux. Sur la table, des journaux et du tabac froid. On parlait de mort et d'avenir. On parlait d'actions et de silences. Les paroles volaient péniblement au-dessus de longs plans déroulés.

Ils étaient ocres et sales, rayés d'encre par endroits. Peu troués, mais aux cornures marquées et déchirées. Sur les visages, les plans et les pensées, le temps avait fait son terrible ouvrage. Ils étaient tous lents et plombés, personnages effacés devant les murs froids et nus, sinistrement enserrés dans leurs pans d'ébènes usés qui trainaient sur le sol.
On ne distinguait pas d'oeil alentours, et on ne voyait pas une main dépasser d'une manche.
Au bout de la morne tablée, Octave. Impassible comme toujours. Solennel comme jamais.

Depuis les fenêtres de la bâtisse, gardée par une forte garnison, pendaient des drapés bleus frappés d'engrenages noirs. Le symbole d'Octave. Derrière les murailles, de la poudre et des drapeaux. Des fusils. Des coeurs battants. Un peu de sang aussi.

L'équipe cloîtrée dans la cave échangeait de profonds regards avec leurs plans. Personne ne décrocha un mot. L'heure était grave. Les plans...

Le monde. Une ronde matrone trônait au centre du plan. Les mers étaient jonchées de navires de guerre battant le pavillon à engrenage. Toutes les frontières étaient droites et perpendiculaires. Tout était calculé sur ce monde. Ce monde.
On y avait dessiné avec une précision scientifique de nouvelles villes. Plusieurs flèches épaisses, à la pointe éguisée, partaient de Métropolis. De petits pions portaient un drapeau à engrenage.
A égales distances les unes des autres, de colossales usines. Rutilants golems d'où sortira bientôt une production brillante et calculée. Le calcul.
L'hymne des super-usines. Grandes et majestueuses.
Hérissé de ces tours de Babel, la terre ressemblait à un engrenage sur un fond bleu.

A chaque frontière, des canons. Arrosant de petites maisons. De petits personnages en rouge couraient. Certains avaient les bras en l'air. Ce n'est qu'un jeu. D'autres sont couchés par terre. D'autres encore n'ont plus de bras. Et d'autres encore ne ressemblent plus à rien.
Des personnages plus grands, plus carrés, et traçés à l'encre dorée, se tenaient victorieux sur les petits personnages rouges.

Des cubes à roues écrasaient avec cynisme les personnages tombés au sol. Les rues cubiques dépassaient du monde. Les villes débordaient. Les canons noyaient les personnages rouges.
Transperçés par une frontière, par une flèche de mouvement, par un caractère d'imprimerie ou une baillonette dorée, les personnages rouges.
Jetés dans de larges trous béants, au fond desquels poussaient mille flammes dévorantes, les personnages rouges.
Mécanisés. Automatisés. Maximisés. Détruits. Les personnages rouges.
Tout cela n'est qu'un dessin. Ce n'est qu'un jeu.

Autours du monde tournaient de petits engrenages. Des lettres d'or : MONDOPOLIS. Classiques et brillantes. Calculées.
Toutes les lignes, latitudes et équations convergeaient en un point qui portait le nom de UNICITY.
Tout n'est qu'or dans la ville. Avenues glorieuses, affiches, palaces, pluie douce et sucreries. Derrière : les hauts-fourneaux.
On ne prévoit qu'un jour entier pour changer de monde. Le regard n'ose pas se poser sur la légende de la carte. Il n'agrippe que quelques mots terribles. Aïe ! "Four". "Trou". "Lame." "Orgue". "Lance". "Faisceau".

Plus qu'un cauchemar. Un jeu sans règles et sans fin.

Une seule voie.
Chaotique.

Réveil !

Réveil !

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Octave de Roop
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MessageSujet: Re: La fortune sourit aux véloces   Ven 10 Juil - 0:30

Les marches craquaient si souvent à cause du vent qu'on n'entendit pas Octave s'enfoncer dans la cave à pas de loup ce soir-là. Chaque homme fut secoué par un fin sursaut à la vue de sa stature chaque jour de plus en plus squelettique. Ses yeux se cavaient, sa peau grisait et s'assèchait davantage que ses cheveux, dont les plus morts tombaient en poussière sur ses épaules enfonçées et tombantes. Il avait presque tout du corbeau, sinon cette démarche cassée. On le pensait mourrant, et comme rendant son dernier souffle à chaque seconde.

- Alors c'est vrai, vous ne prenez vraiment plus votre médicament, dit l'un des personnages encagoulés.

La silhouette filimorme s'avança vers la tablée sans répondre, en tendant un cou très maigre et en laissant derrière lui de longues empruntes de pas dans la poussière qui couvrait le sol. Ces hommes secrets, réunis autours de lui en conseil non moins secret devaient nourrir une intimité très proche avec lui. Peut-être conservait-il avec précaution ses derniers ambassadeurs, ou encore avait-il grand besoin de conseillers pour l'aider dans ses décisions alors qu'il était au plus mal ?
Ses yeux volaient frénétiquement sur la carte comme des insectes, partant d'un point à un autre, sans trop s'y arrêter.


- Monsieur, croyez-vous que l'on puisse continuer ? interrogea un autre mystérieux personnage. A en juger par votre état...

- Mon état est correct.


Pour la première fois on l'entendait parler. Certains hommes, des députés, avaient noté comme sa voix était encore devenue plus grave que lors du discours à l'Assemblée. Ils pensaient secrètement que cela devait être inquiètant, mais le faire remarquer à qui de droit serait une erreur que chacun payerait cher.
Octave s'éclaircit la gorge avec peine.


- La guerre a été déclarée à la Cathanie. Les soldats verduriens attendent à la frontière l'arrivée imminente des troupes ennemies venant du sud. Cela nous laissera le champ libre pour lancer l'opération dans quelques temps.

- Monsieur... Notre Conseil aimerait une date fixe.

- Je n'en ai pas à vous donner. A ce stade de l'oeuvre, on ne peut pas brusquer les choses sans risquer un disfonctionnement. Il faut du doigté et laisser la mécanique faire son oeuvre. Il suffira de tirer le bon levier au bon moment.


Il se tourna vers un secrétaire chargé de recueillir des notes qui échapperaient à la mémoire d'Octave.

- Notez ça, je vous prie.

- Monsieur...?

- "Il suffira de tirer le bon levier au bon moment".


Personne ne cherchait plus à comprendre le sens de ces aphorismes qu'il tenait à conserver. Après une brève reflexion les yeux dans le vague, qui s'apparentait de l'extérieur plutôt à une absence, Octave prit la direction des escaliers, dont il gravit les marches une à une, en se tenant au mur de ses mains grelottantes.

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